Gestion des inondations : l’État muscle son dispositif et fixe les priorités de l’hivernage 2026

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Réuni à Diamniadio, le Comité national de Gestion des Inondations a défini une feuille de route axée sur l’anticipation, la coordination et les actions préventives pour limiter les risques lors de l’hivernage 2026.

À l’approche de la saison des pluies, les autorités sénégalaises passent à la vitesse supérieure. La réunion du Comité national de Gestion des Inondations, tenue ce 23 avril à Diamniadio, a permis de faire le point sur les préparatifs et d’identifier les priorités stratégiques pour faire face aux risques d’inondations.

Présidant la rencontre, le ministre en charge de l’Hydraulique a insisté sur la nécessité d’une approche proactive :
« Cet hivernage sera placé sous le sceau de l’anticipation, d’une coordination renforcée et d’actions structurantes et préventives. »


Anticiper pour mieux prévenir

Face à la récurrence des inondations et à l’intensification des événements climatiques extrêmes, les autorités misent sur une meilleure anticipation. Les prévisions de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie et de la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau annoncent des situations pluviométriques potentiellement à risque dans plusieurs localités.

« Il s’agit d’évaluer notre niveau de préparation, d’identifier les contraintes et de formuler des recommandations opérationnelles en amont », a indiqué le ministre.

Le bilan de l’hivernage 2025 a mis en évidence plusieurs priorités, notamment :

  • le prépositionnement stratégique des motopompes ;
  • l’intégration du zonage réglementaire dans l’urbanisme ;
  • l’accélération des Plans de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI), notamment dans des zones sensibles comme le bassin du Lac Rose, Touba ou Kaolack.

Renforcement des outils de prévision et d’alerte

La modernisation du dispositif de surveillance constitue un axe majeur. La mise en service du radar météorologique de l’ANACIM en 2024 marque une avancée significative.

Un financement de 100 millions de FCFA a été mobilisé pour renforcer le réseau hydrométéorologique avec :

  • des pluviomètres automatiques,
  • des stations météorologiques,
  • et des équipements de mesure avancés.

Ce dispositif permettra une surveillance en temps réel, notamment dans le triangle Dakar–Thiès–Mbour, avec des alertes à très court terme (2 à 4 heures).


Accélération des actions sur le terrain

Sur le plan opérationnel, les structures techniques, dont l’Office national de l’Assainissement du Sénégal et la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, sont appelées à renforcer leurs capacités.

Le ministre a été clair :
« Il est impératif d’aller au-delà des 600 km de canaux curés en 2025 et de finaliser les opérations pré-hivernage au plus tard fin juin 2026. »

Les travaux de drainage en cours, notamment à Touba et Tivaouane, devront être achevés avant fin juillet.

Les collectivités territoriales sont également mises à contribution pour le curage des canaux et la gestion des déchets, souvent à l’origine de l’obstruction des réseaux.


Une plateforme numérique pour piloter les interventions

Parmi les innovations majeures, la mise en place d’une plateforme numérique de suivi a été annoncée. Cet outil permettra :

  • de centraliser les données,
  • d’assurer la traçabilité des interventions,
  • et de faciliter la prise de décision.

Le centre d’appel « Allô Inondation 200 406 » sera également renforcé pour améliorer la remontée d’informations par les citoyens.


Vers une réforme du dispositif de gestion des inondations

Au-delà des mesures immédiates, une réforme du cadre institutionnel est en cours. Elle vise à renforcer le rôle de la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI) et à améliorer la coordination entre les acteurs.

Chaque site à risque devra désormais disposer d’un plan d’action clair avec une structure chef de file identifiée, afin d’éviter les chevauchements et d’assurer plus d’efficacité.


Une vigilance accrue face au changement climatique

Les autorités ont également insisté sur la nécessité de s’adapter à un contexte marqué par la recrudescence des événements climatiques extrêmes.

Malgré cela, le dispositif déployé en 2025 a permis de « maîtriser globalement les inondations », selon le ministre, qui a salué l’engagement des différents acteurs.


Un appel à la mobilisation générale

En conclusion, le ministre a lancé un appel à l’ensemble des parties prenantes :
« L’anticipation, la réactivité et la synergie doivent guider notre action pour faire face efficacement aux défis des changements climatiques. »

La réunion du CNGI marque ainsi le coup d’envoi officiel des préparatifs de l’hivernage 2026, avec l’ambition de réduire significativement les impacts des inondations sur les populations.

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