De la sécheresse au déluge : l’OMM alerte sur un cycle de l’eau de plus en plus perturbé

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L’Organisation météorologique mondiale (OMM) révèle, dans son rapport 2024 sur l’état des ressources en eau, un dérèglement alarmant du cycle hydrologique mondial. Sécheresses extrêmes, inondations meurtrières, fonte accélérée des glaciers : l’eau, ressource vitale, est au cœur de crises multiformes qui affectent déjà des milliards de personnes.

En 2024, seuls un tiers des bassins fluviaux de la planète ont enregistré des niveaux d’eau « normaux », confirmant une tendance inquiétante de déséquilibre depuis six ans. Le rapport pointe des contrastes saisissants : alors que l’Amazonie et l’Afrique australe étaient frappées par la sécheresse, l’Afrique de l’Ouest, certaines zones d’Asie et d’Europe centrale subissaient des inondations d’ampleur exceptionnelle.

Glaciers et eaux souterraines sous pression

La fonte généralisée des glaciers s’est poursuivie pour la troisième année consécutive, avec une perte estimée à 450 gigatonnes, soit l’équivalent de 180 millions de piscines olympiques. Cette fonte contribue à l’élévation du niveau de la mer et menace directement des centaines de millions de personnes vivant en zones côtières.
Les eaux souterraines, déjà surexploitées dans plusieurs régions, montrent elles aussi des signes de déficit inquiétants : seuls 38 % des puits suivis affichaient des niveaux normaux en 2024.

Une année record marquée par El Niño

2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, aggravée par un épisode El Niño. Ses effets se sont traduits par des sécheresses au Brésil, en Amazonie et en Afrique australe, mais aussi par des pluies diluviennes en Afrique tropicale, responsables de 2 500 morts et du déplacement de 4 millions de personnes. En Europe, les crues ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2013.

Un appel urgent au partage des données

Pour Celeste Saulo, Secrétaire générale de l’OMM :

« L’eau soutient nos sociétés, alimente nos économies et ancre nos écosystèmes. Pourtant, les ressources en eau de la planète sont soumises à une pression croissante. Sans données fiables, nous risquons de naviguer à l’aveugle. »

Le rapport exhorte les États à investir dans la surveillance hydrologique et à renforcer le partage international des données, condition indispensable pour anticiper et gérer les crises liées à l’eau.

Vers un défi mondial croissant

Aujourd’hui, 3,6 milliards de personnes manquent d’eau au moins un mois par an. Ce chiffre pourrait dépasser les 5 milliards d’ici 2050, éloignant toujours plus la perspective de l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°6 (eau et assainissement pour tous).

Source: site United Nations Water 

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