Ziguinchor : Le collectif « L’Heure est Grave » alerte sur l’état préoccupant du pont Émile-Badiane et appelle à une mobilisation nationale
Le collectif « L’Heure est Grave » a tenu un point de presse ce week-end à Ziguinchor pour attirer l’attention des autorités sur la dégradation avancée du pont Émile-Badiane, infrastructure vitale pour la Casamance et les pays frontaliers.
Un appel citoyen ferme mais apaisé
Prenant la parole, Eladj Kamara, président du collectif, a rappelé le sens de la rencontre :
« Nous sommes réunis aujourd’hui dans un esprit d’alerte citoyenne et de responsabilité partagée. Notre démarche n’est ni polémique ni conflictuelle. Elle vise uniquement à la sauvegarde et à la reconstruction du pont Émile-Badiane », a-t-il déclaré.
S’adressant aux habitants de Ziguinchor, de la Casamance et aux usagers du pont, il a insisté sur l’urgence :
« L’heure est grave. La récréation est terminée pour les promesses. Ce pont est plus âgé que beaucoup d’entre nous et il relie plusieurs pays : la Guinée-Bissau, la Gambie, voire la Guinée-Conakry. Nous lançons un grand cri de cœur à l’État du Sénégal pour réaliser un nouveau pont ».
Un cri de détresse des transporteurs
Les transporteurs, très présents lors de cette rencontre, ont exprimé leurs craintes.
L’un d’eux explique :
« Oui, nous sommes menacés. En approchant du pont Émile-Badiane, on a peur même de rallier le pont Tabor. Nous prions chaque jour pour voyager dans de bonnes conditions ».
Insistant sur la nécessité d’une solution immédiate, il répète :
« Nous avons besoin d’un nouveau pont. Nous n’avons même pas besoin de réparation, mais d’un nouveau pont », martèle-t-il à plusieurs reprises.
Un autre transporteur renchérit :
« Ce pont-là, on sait qu’un jour on ne pourra plus le traverser. Beaucoup de voyageurs veulent aller au Sénégal, et nous, transporteurs, sommes directement exposés. L’heure est grave ».
Des signes de dégradation avancée
Le collectif a également partagé des observations préoccupantes issues de techniciens et d’usagers :
« Fissures avancées, affaissements localisés du béton, amortisseurs apparents, vibrations lors du passage des véhicules lourds… Ces éléments doivent inviter à la prudence et encourager une expertise actualisée, transparente et partagée », explique Eladj Kamara.
Des propositions concrètes et un ton constructif
Le collectif « L’Heure est Grave » a formulé quatre propositions majeures :
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« Renforcer les dispositifs d’urgence et activer des mécanismes exceptionnels pour accélérer l’évaluation et le financement des travaux »
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« Actualiser et publier les données techniques afin d’assurer la transparence »
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« Étudier temporairement une limitation du tonnage autorisé »
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« Élaborer un calendrier clair pour la réhabilitation ou la reconstruction du pont »
Confiance réaffirmée envers l’État
Malgré l’inquiétude, le collectif garde un ton institutionnel :
« Certes, le danger est permanent et les promesses ont duré, mais nous faisons confiance à l’État pour prendre les décisions appropriées », souligne Eladj Kamara.
« Nous resterons mobilisés dans la légalité, en partenaires vigilants et respectueux du cadre républicain », ajoute-t-il.
Une urgence nationale
Pour conclure, le collectif rappelle la symbolique de l’infrastructure :
« Le pont Émile-Badiane représente bien plus qu’un ouvrage : il symbolise le lien entre les communautés, la vitalité économique et l’ouverture de toute une région ».
Et d’appeler une dernière fois à l’action :
« La sécurité de la population doit demeurer une priorité nationale. Nous appelons à une mobilisation concertée et déterminée pour que des mesures soient prises dans les meilleurs délais ».