Sénégal : une forte présence à Yaoundé au 23ᵉ Congrès africain de l’eau et de l’assainissement

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La Directrice générale de l’Office des Lacs et Cours d’Eau  (OLAC) Diarra Sow revient sur les principaux points du 23ᵉ Congrès international de l’AAEA, tenu à Yaoundé, mettant en lumière les expériences africaines en matière de gestion des eaux de surface, les défis du stress hydrique liés aux changements climatiques, ainsi que la contribution du Sénégal aux dynamiques de coopération et d’innovation dans le secteur.

Entretien:

Question 1 : Le Sénégal était fortement représenté à Yaoundé. Quelle est la portée de cette participation ?

Diarra Sow : Le Sénégal a participé à ce 23ᵉ Congrès africain de l’eau et de l’assainissement avec une forte délégation officielle, conduite par Madame Cheikh Gaye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Presque toutes les directions techniques du ministère, ainsi que les grandes structures comme l’ONAS et la SONES, étaient présentes.

Cette mobilisation traduit un message clair : l’eau et l’assainissement sont des priorités stratégiques pour le Sénégal. À travers le thème du congrès, « Eau et assainissement : des actions fortes pour l’Afrique », le pays s’inscrit pleinement dans la dynamique continentale, notamment avec l’organisation prochaine de la Conférence internationale de l’eau par le Sénégal et les Émirats arabes unis.

La désignation du Sénégal pour accueillir le 24ᵉ Congrès de l’AAEA en 2028 vient confirmer cette crédibilité et cette reconnaissance internationale.

Question 2 : Quels enseignements majeurs tirez-vous des échanges et des sessions du congrès ici à Yaoundé ?

Diarra Sow : « Le congrès a montré que l’Afrique progresse vers l’atteinte de l’ODD 6, qui vise l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. Certaines sessions présidées par la Directrice générale de l’OLAC ont permis de mesurer l’engagement réel des pays africains.

Malgré les progrès, le défi reste immense, surtout en milieu rural, où l’accès à l’eau potable demeure insuffisant. Mais l’eau ne se limite pas à la consommation : elle est essentielle pour l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie et la croissance économique.

 On ne peut pas parler de développement endogène ni de lutte contre la pauvreté sans garantir l’accès durable à l’eau. Les expériences partagées ont prouvé que l’eau est un levier de transformation économique et sociale pour l’Afrique »

Question 3 : En tant que Directrice Générale d’une structure qui gère les eaux de surface et l’Afrique qui est menacée de stress hydrique lié dérèglements climatiques, quel rôle joue l’investissement et la lutte contre le changement climatique dans ce secteur ?

Diarra Sow : « Le secteur de l’eau et de l’assainissement exige des investissements lourds : barrages, forages, réseaux de distribution, stations de traitement et ouvrages d’assainissement. Les États africains ne peuvent financer seuls ces infrastructures, rendant essentiels les partenariats avec le secteur privé et les bailleurs internationaux, comme le Sénégal l’a déjà démontré.

L’eau est également au cœur du changement climatique. La désertification, la raréfaction des ressources et le stress hydrique affectent particulièrement les communautés rurales. Sécuriser l’eau permet d’atténuer ces impacts, de soutenir l’agriculture et de stabiliser les territoires.

Lors du congrès, l’ONAS a présenté ses initiatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre issues des eaux usées et des boues de vidange, témoignant de l’engagement du Sénégal pour un assainissement plus écologique et résilient. »


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