Quand le satellite national s’engage pour l’accès à l’eau potable

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Le lac de Guiers, principale source d’approvisionnement en eau potable de Dakar, bénéficie désormais d’un dispositif de pointe pour le suivi de la qualité et du niveau de ses eaux. Une balise connectée au satellite sénégalais GaïndeSat a été installée, marquant une avancée majeure dans la modernisation des outils de surveillance environnementale.

Présent sur le terrain, le Professeur Gayane Faye, coordonnateur de Sensat, a détaillé la portée du projet :
« Aujourd’hui, nous sommes venus pour installer une balise de GaïndeSat. Depuis le lancement de GaïndeSat 1A, nous travaillons à fabriquer ces balises et, après une phase test à Diamniadio, il s’agit ici du premier déploiement en conditions réelles sur le lac de Guiers. Cette balise sera couplée à un appareil de mesure qui enregistre en continu les données sur le lac. À chaque passage, le satellite interrogera la balise pour aspirer toutes les données et les rapatrier automatiquement à Dakar, avant de les mettre à la disposition de l’OLAC. »

Pour lui, l’intérêt est multiple : « Le lac de Guiers fournit presque la quasi-totalité de l’eau à Dakar. Le suivi du lac est donc une priorité de l’État. Jusque-là, il fallait se déplacer ou recourir à la télétransmission pour collecter les données. Ce nouvel outil permettra d’obtenir des informations plus rapides et fiables, facilitant ainsi la prise de décisions et renforçant le dispositif de suivi. »

De son côté, Farba Oumar Sy, responsable de la cellule SIG de l’OLAC (Organisation de la Gestion des Lacs et Cours d’Eau), a souligné les enjeux stratégiques de cette innovation :
« Le lac de Guiers est une ressource vitale qui doit être suivie de manière quantitative et qualitative afin de répondre aux besoins socio-économiques tels que l’agriculture, l’élevage et l’approvisionnement en eau potable. Ce projet vient en son heure, car nous rencontrions beaucoup de difficultés pour la collecte des données, notamment à cause des déplacements nécessaires et des aléas climatiques. Avec le projet SEMSAC, nous aurons désormais la possibilité d’obtenir les données en temps réel. »

Il a ajouté : « Cette innovation représente un gain de temps, de fiabilité et aussi un bénéfice économique. Elle permettra non seulement de mieux gérer les inondations et les besoins en eau des populations, mais aussi d’intégrer d’autres types de données environnementales liées aux écosystèmes. Autour du lac, par exemple, se trouvent des réserves d’oiseaux migrateurs dont l’équilibre dépend directement du niveau d’eau. Il est donc essentiel d’avoir un suivi régulier et fiable pour protéger à la fois les populations et la biodiversité. »

Avec cette balise connectée, le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la valorisation de son satellite national et la modernisation de la gestion de ses ressources hydriques. Le dispositif pourrait, à terme, être étendu à d’autres lacs, cours d’eau et infrastructures stratégiques du pays afin de renforcer la résilience face aux effets du changement climatique et aux pressions croissantes sur l’eau.

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