ONU : Le Secrétaire général appelle à un sursaut mondial face au chaos, aux inégalités et aux divisions

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New York – Nations Unies.
Conformément à la tradition, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies s’est présenté devant l’Assemblée générale pour exposer les priorités de l’année à venir. Mais cette intervention, prononcée en ce début de 2026, revêtait une portée particulière : il s’agissait de sa dernière présentation annuelle devant les États membres.

Dans un discours à la fois grave, lucide et résolument tourné vers l’avenir, le chef de l’ONU a affirmé sa détermination à faire en sorte que « chaque jour de 2026 compte vraiment », tout en dressant un diagnostic sans concession de l’état du monde et en appelant à une refondation du multilatéralisme.

Un monde en crise et un multilatéralisme sous pression

Dès l’entame, le Secrétaire général a planté le décor : le contexte mondial est « chaotique ». Conflits armés persistants, violations du droit international, creusement des inégalités, impunité, replis géopolitiques et réduction des financements de l’aide humanitaire fragilisent les fondements mêmes de la coopération internationale.

« Nous sommes le moins disposés à coopérer à un moment où nous en avons le plus besoin », a-t-il regretté, dénonçant les tentatives de certains acteurs visant à affaiblir, voire à remettre en cause, la coopération internationale.

Pour autant, il a assuré que les Nations Unies « ne baisseront pas les bras », réaffirmant l’engagement de l’Organisation pour la paix, notamment à Gaza, en Ukraine, au Soudan et dans d’autres zones de crise, ainsi que pour l’assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables.

Des actions concrètes malgré la tourmente

Le Secrétaire général a rappelé que, même dans ce contexte difficile, l’ONU a su se positionner sur des enjeux majeurs. Il a cité l’initiative prise pour encadrer le développement de l’intelligence artificielle afin qu’elle serve l’humanité, les efforts pour un financement du développement plus équitable, ainsi que le plaidoyer constant en faveur de l’action climatique.

Parmi les chantiers imminents annoncés figurent notamment :

  • le lancement du Groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle ;

  • la présentation des recommandations du groupe d’experts Au-delà du PIB ;

  • l’ouverture de réunions mensuelles avec les États membres dans le cadre de l’initiative ONU80 ;

  • l’évaluation de possibles fusions d’agences onusiennes pour plus d’efficacité ;

  • la poursuite de la réforme des opérations de maintien de la paix.

Réformer l’ONU pour l’adapter au monde d’aujourd’hui

Au cœur de son intervention, le Secrétaire général a insisté sur la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités contemporaines. « Les solutions de 1945 ne peuvent pas régler les problèmes de 2026 », a-t-il martelé, appelant à une réforme en profondeur des institutions financières, commerciales et du Conseil de sécurité.

Il a également tiré la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire de l’Organisation, exhortant les États membres à honorer pleinement leurs contributions financières ou, à défaut, à revoir les règles afin d’éviter un effondrement budgétaire.

Trois principes pour guider l’action mondiale

Le discours s’est structuré autour de trois principes majeurs appelés à guider l’action de l’ONU et de la communauté internationale dans les années à venir.

Premier principe : le respect strict de la Charte des Nations Unies.
Le Secrétaire général a rappelé que la Charte n’est « pas un menu à la carte », dénonçant l’érosion du droit international, les atteintes aux civils, aux travailleurs humanitaires et aux droits humains, ainsi que la concentration excessive des richesses et du pouvoir.

Deuxième principe : une paix indissociable de la justice.
Il a plaidé pour une paix durable, fondée sur le droit international, le développement durable, les droits humains et la justice climatique. De Gaza à l’Ukraine, du Soudan au Sahel, il a insisté sur la nécessité de traiter les causes profondes des conflits, rappelant qu’il n’y a pas de paix durable sans développement.

Troisième principe : construire l’unité dans un monde fragmenté.
Face à la montée du racisme, de la xénophobie et du repli identitaire, il a appelé à bâtir des sociétés inclusives, solidaires et respectueuses des droits des migrants et des réfugiés, soulignant que « l’harmonie exige une action délibérée et du courage politique ».

Un appel solennel à l’action

En conclusion, le Secrétaire général a lancé un appel pressant à l’action collective. « La Charte est notre boussole, la paix et la justice notre raison d’être, et notre humanité commune nous impose d’agir », a-t-il déclaré, exhortant les États à honorer la promesse fondatrice des Nations Unies.

Dans un monde traversé par des forces de division mais aussi d’espoir, il a invité la communauté internationale à ne pas céder au découragement : « Les enjeux n’ont jamais été aussi importants, et le temps nous est compté. »

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