Importation de vaches laitières :
l’ANIPL annonce une coopérative et un partenariat scientifique pour renforcer la filière lait au Sénégal
Dakar – L’Association Nationale pour l’Intensification de la Production Laitière (ANIPL) a tenu une importante Assemblée générale d’information au cours de laquelle son président, Mamadou Ba, a fait le point sur les performances, les difficultés actuelles et les perspectives de la filière laitière sénégalaise portée par l’association depuis 2017.
« Nous comptons aujourd’hui près de mille membres à travers le pays. Depuis 2017, nous avons réalisé cinq grandes opérations d’importation qui ont permis de faire venir environ 7 500 vaches laitières de races améliorées. Ces animaux ont permis d’accroître significativement la production nationale de lait », a déclaré le président de l’ANIPL.
Selon lui, ces performances ont contribué à la réduction des importations de produits laitiers et à l’émergence d’une véritable filière locale de lait cru, désormais présente dans les grandes surfaces du pays.
Une reconnaissance internationale pour le Sénégal
Les résultats obtenus par l’ANIPL ont valu au Sénégal d’être admis au sein de la Fédération Internationale du Lait (FIL), une organisation mondiale regroupant les principaux pays producteurs.
« Grâce aux statistiques fournies par le ministère de l’Agriculture et aux performances des animaux importés, le Sénégal est aujourd’hui membre de la FIL. En Afrique, seuls quelques pays bénéficient de cette reconnaissance », s’est félicité Mamadou Ba.
Pourquoi l’opération ANIPL 6 est bloquée
L’Assemblée générale visait également à expliquer aux éleveurs le retard de la sixième opération d’importation.
« Nous avons aujourd’hui plus de 1 700 commandes en attente, mais l’opération ANIPL 6 est suspendue à la suite d’une demande d’audit des importations ANIPL 1 à 5 formulée par les autorités financières, notamment le ministère des Finances », a précisé le président.
À cela s’ajoutent les coûts élevés de l’alimentation animale et le retard de certaines subventions, qui fragilisent les producteurs.
Une coopérative nationale pour protéger les petits éleveurs
Pour surmonter ces contraintes, l’ANIPL annonce la création prochaine d’une grande coopérative nationale des éleveurs.
« La coopérative permettra de résoudre les problèmes d’intrants, de matériel, de fixation des prix du lait et surtout de sécuriser les petits producteurs. Aujourd’hui, la moyenne est de deux à trois vaches par membre, ce qui montre le caractère inclusif de notre modèle », a souligné M. Ba.
Un partenariat avec un club d’investisseurs agricoles est déjà envisagé pour la fourniture de silage de maïs, afin de réduire les coûts de l’alimentation du bétail.
Un partenariat stratégique avec l’Université Iba Der Thiam de Thiès
Autre annonce majeure : la signature d’une convention entre l’ANIPL et l’Université Iba Der Thiam de Thiès.
Selon le recteur, le professeur Mamadou Babacar Ndiaye, cet accord vise à renforcer la dimension scientifique de la filière :
« L’université doit être au service de la société. Cette convention permettra un suivi rigoureux des vaches importées : leur localisation, leur productivité, leur adaptation au climat et leur impact réel sur la production nationale. »
Un géoportail numérique sera mis en place pour suivre en temps réel les fermes, le cheptel, les naissances et les rendements.
Former la jeunesse pour la souveraineté laitière
Pour le recteur, ce partenariat s’inscrit dans une vision de long terme :
« On ne peut pas atteindre la souveraineté alimentaire sans former une jeunesse qui aime l’agriculture et l’élevage. L’université doit mettre la science et les données au service des producteurs. »
Une filière en forte progression
Selon l’ANIPL, la production nationale est passée de 4 millions de litres en 2017 à près de 65 millions de litres aujourd’hui, illustrant l’impact du programme d’importation de vaches laitières améliorées.
Malgré les difficultés actuelles, l’association se dit confiante : la coopérative et l’appui scientifique de l’université devraient permettre de consolider la filière et de rapprocher le Sénégal de la souveraineté laitière.