IBP lance un dialogue parlementaire pour un meilleur financement de l’éducation au Sénégal

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L’International Budget Partnership (IBP) a organisé un dialogue parlementaire autour du thème du financement de l’éducation, réunissant députés, élus locaux, représentants du ministère de l’Éducation, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et représentants des parents d’élèves.

Représentant le Directeur exécutif d’IBP, M. Maleine Amadou Niang, M. Djibril Badiane a ouvert la rencontre en transmettant ses salutations cordiales :

« Je voudrais, au nom de l’International Budget Partnership (IBP), vous transmettre les salutations cordiales du Directeur Exécutif, M. Maleine Amadou NIANG, qui suit avec grand intérêt les travaux de ce Dialogue parlementaire, empêché par un déplacement professionnel à l’étranger. »

Des investissements visibles… et des défis structurels

Le budget 2025 de l’Éducation nationale est porté à 975,049 milliards de FCFA, soit 15,3 % du budget de l’État, marquant une progression de 7,2 % par rapport à l’année précédente. Parmi les six grands programmes du ministère, le pilotage, la gestion et la coordination administrative absorbent plus de 60 % du financement, tandis que l’enseignement élémentaire se voit attribuer 23,4 % du budget.

Malgré ces investissements, IBP identifie plusieurs défis persistants dans le secteur :

  • une répartition budgétaire insuffisamment alignée sur les besoins réels des écoles ;

  • de fortes disparités régionales d’accès et de qualité dans l’offre éducative ;

  • une transparence et redevabilité limitées dans l’usage des ressources publiques ;

  • une capacité financière réduite des collectivités territoriales à assumer la charge de l’éducation locale ;

  • une maîtrise limitée des outils numériques et pédagogiques innovants tels que l’intelligence artificielle et le télé-enseignement.

Le rôle renforcé du Parlement

IBP souligne que l’Assemblée nationale joue un rôle central dans le processus budgétaire national. Les députés, en tant que représentants des citoyens, doivent assurer le suivi des politiques publiques et exprimer les priorités des territoires dans le débat budgétaire.

Cet engagement se trouve renforcé par le Nouveau Cadre Harmonisé des Finances Publiques (NCHFP) de l’UEMOA, qui met l’accent sur une logique de résultats plutôt que de simples moyens, et confère au contrôle parlementaire une place stratégique dans l’évaluation de la performance budgétaire.

Plaidoyer pour une éducation plus inclusive et efficace

À l’issue de la séance, IBP a mis en avant le Modèle harmonisé d’Enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS) comme levier d’amélioration de la qualité des apprentissages. Ce modèle vise à intégrer les langues nationales parallèlement au français, afin de renforcer l’ancrage culturel des élèves et de favoriser leur réussite, de la maternelle à l’élémentaire.

À l’approche du débat budgétaire à l’Assemblée nationale, IBP appelle les parlementaires, collectivités locales, acteurs étatiques et organisations de la société civile à tirer profit de ce dialogue pour :

    1. examiner les allocations dédiées à l’enseignement élémentaire ;

    2. identifier et lever les goulots d’étranglement dans l’exécution des dépenses ;

    3. renforcer les synergies entre tous les niveaux de décision ;

    4. proposer des pistes concrètes pour un financement plus équitable et plus efficace de l’éducation.

 

Ce Dialogue parlementaire marque une étape importante pour que les engagements budgétaires en faveur de l’éducation se traduisent par des résultats tangibles pour les élèves et les communautés à travers tout le Sénégal.

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