La capitale camerounaise a accueilli, du 9 au 12 février 2026, le 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), un rendez-vous continental majeur ayant réuni plus de 2 000 acteurs du secteur issus de 52 pays. Durant quatre jours, décideurs politiques, experts, opérateurs, partenaires techniques et financiers, jeunes et femmes professionnels ont échangé sur les défis et les solutions pour garantir l’accès universel à l’eau et à l’assainissement en Afrique.
Placée sous le thème « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition a marqué une étape décisive dans la maturation stratégique du secteur, confirmant la montée en puissance de l’AAEA comme plateforme panafricaine de gouvernance, d’innovation et de coopération.
Un leadership africain réaffirmé
Lors de la cérémonie de clôture, le Président de l’AAEA, Dr Blaise Moussa, a salué l’engagement du Cameroun et du Président S.E. Paul Biya pour l’accueil réussi du Congrès.
« Yaoundé aura été, durant ces quatre jours, la capitale africaine de la réflexion stratégique, de l’innovation et de la coopération dans le domaine de l’eau et de l’assainissement », a-t-il déclaré.
Il a appelé à un leadership africain plus affirmé, soulignant que le continent doit désormais mobiliser ses propres ressources, expertises et institutions pour transformer durablement le secteur.
Dans cette dynamique, le Président de l’AAEA a plaidé pour une reconnaissance renforcée de l’Association comme organe d’exécution de l’AMCOW et de l’Union africaine, ainsi que pour son admission comme observateur auprès de l’Union africaine et de la Banque africaine de développement (BAD), afin de consolider son rôle stratégique.
Une participation record et un contenu scientifique de haut niveau
La synthèse des travaux, présentée par le Directeur exécutif de l’AAEA, a mis en lumière une mobilisation exceptionnelle :
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2 000 participants,
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500 délégués officiels,
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338 organisations,
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provenant de 52 pays.
Le programme scientifique s’est articulé autour de 60 sessions, 250 communications et six grands axes thématiques, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur : ressources en eau, eau potable, assainissement, gouvernance, financement, innovation et digitalisation.
Les débats ont souligné l’urgence de :
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protéger les ressources en eau face au changement climatique,
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réduire les pertes et moderniser les réseaux,
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repositionner l’assainissement comme priorité sanitaire et économique,
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mobiliser des financements hybrides,
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renforcer le capital humain, notamment les femmes et les jeunes,
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et intégrer la donnée, l’innovation et l’intelligence artificielle dans la gestion des services.
Une exposition vitrine du savoir-faire africain
Déployée sur 1 300 m², l’Exposition a rassemblé 104 exposants, dont 42 africains, présentant des solutions adaptées aux réalités du continent : traitement de l’eau, technologies d’assainissement, digitalisation et gestion intelligente des réseaux.
Elle a permis de connecter décideurs, investisseurs et fournisseurs de solutions, faisant du Congrès une véritable plateforme d’affaires et d’innovation africaine.
Le Sénégal désigné pour accueillir le 24ᵉ Congrès en 2028
Moment fort de la clôture : l’annonce officielle que le Sénégal accueillera le 24ᵉ Congrès de l’AAEA en 2028, tandis que l’Afrique du Sud recevra la 25ᵉ édition en 2030.
Au nom du Sénégal, Abdoul Niang a exprimé sa gratitude à l’AAEA et à ses instances pour la confiance accordée :
« Cette désignation est un honneur et une responsabilité. Elle consacre l’engagement constant du Sénégal dans l’agenda africain de l’eau et de l’assainissement. »
Il a salué l’appui du ministre sénégalais de l’Eau, également Président de l’AMCOW, et insisté sur la nécessité d’une meilleure synergie entre décideurs politiques et responsables techniques.
Il a également annoncé que le prochain Symposium intermédiaire de l’AAEA se tiendra en février 2027 au Maroc, consolidant la continuité des grands rendez-vous continentaux.
Le Cameroun appelle à l’action
Clôturant le Congrès, le Ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a exhorté les acteurs à transformer les engagements en résultats concrets :
« Yaoundé 2026 n’a pas été un simple espace de réflexion, mais un cadre de clarification de nos priorités et d’affirmation de nos engagements collectifs. »
Il a rappelé que l’Afrique est désormais entrée dans une phase de maturité stratégique, où l’enjeu principal est la mise en œuvre effective des solutions, notamment dans la sécurisation de la ressource, la digitalisation des services, la modernisation des infrastructures et l’intégration de l’assainissement dans une logique d’économie circulaire.
Les femmes, les jeunes et les collectivités locales ont été salués comme des acteurs clés de cette transformation.
Yaoundé, un point de départ
En conclusion, les organisateurs ont insisté sur le fait que Yaoundé 2026 marque un tournant historique pour l’Afrique de l’eau.
« L’Histoire ne retiendra pas seulement que nous étions 2 000 réunis. Elle retiendra ce que nous aurons transformé », a résumé le Directeur exécutif de l’AAEA.
Avec la désignation du Sénégal pour 2028 et du Maroc pour le symposium de 2027, l’AAEA confirme sa dynamique continentale pour atteindre l’Objectif de Développement Durable n°6 : l’accès universel à l’eau et à l’assainissement en Afrique.





