Yaoundé, Cameroun . Le Directeur général de l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), Séni Diène, a pris part au lancement de l’Initiative africaine pour l’assainissement urbain, en marge du 23ᵉ Congrès de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Cette initiative, portée par la Facilité africaine de l’Eau, vise à renforcer l’accès à des services d’assainissement durables dans les villes africaines.
À cette occasion, Madame Christine, spécialiste principale en assainissement à la Facilité africaine de l’Eau, a présenté les axes d’intervention de l’institution, notamment les appuis en cours au Burkina Faso et au Togo, ainsi que les perspectives d’investissements prévues pour les dix prochaines années.
Intervenant comme panéliste, Dr Mbaye Mbéguéré de l’Afd a salué cette dynamique :
« La Facilité africaine de l’Eau, à travers cette initiative, va contribuer à combler des gaps et à créer des trajectoires de financement plus cohérentes. L’Agence française de développement est prête à travailler avec la Facilité africaine de l’Eau sur plusieurs aspects. »
Le Sénégal mise sur le secteur privé
Le Directeur général de l’ONAS a, pour sa part, mis en avant la place croissante du secteur privé dans l’assainissement au Sénégal, résultat des réformes engagées par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
« Nous avons commencé la délégation de la gestion des stations de boues de vidange au privé. Certes, il y a eu des difficultés, mais force est de constater que cela a permis de faire bouger le secteur. »
Grâce à l’appui de partenaires comme la BNDE, la DER, la Fondation Bill & Melinda Gates et l’Association des Acteurs de l’Assainissement du Sénégal, les opérateurs privés ont pu acquérir des camions de vidange équipés de technologies modernes, améliorant ainsi la qualité des services.
L’économie circulaire au cœur de la stratégie
Séni Diène a également insisté sur la volonté du Sénégal de développer une économie circulaire dans l’assainissement :
« La vision des nouvelles autorités est d’augmenter la réutilisation des eaux usées traitées, de produire du compost à partir des boues de vidange et de créer de la valeur, de la richesse et des emplois. »
Pour Dr Mbaye Mbéguéré, la réussite de l’assainissement autonome passe aussi par un cadre institutionnel et humain renforcé :
« L’assainissement autonome ne doit pas être perçu comme une solution transitoire, mais comme une alternative crédible à l’assainissement collectif. Il faut de la régulation, des financements innovants et la formation des ingénieurs. »
À Yaoundé, les échanges ont ainsi confirmé que l’assainissement autonome est désormais un levier stratégique pour la santé publique, l’environnement et l’économie des villes africaines.