Le Président de l’AMCOW appelle à une gouvernance africaine unifiée de l’eau et de l’assainissement
Yaoundé, Cameroun . À l’ouverture du 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), Dr Cheikh Tidiane Dièye le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Président du Conseil des Ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW), représentant le Sénégal pour la période 2025-2027, a livré un plaidoyer fort pour une gouvernance africaine rénovée du secteur.
« Je voudrais, au moment de prendre la parole, remercier les autorités et le peuple camerounais pour leur hospitalité, au nom de mon pays et de l’AMCOW que le Sénégal préside pour la période 2025-2027 », a déclaré le Ministre Dr Cheikh Tidiane Dièye , Président de l’AMCOW à l’ouverture de son intervention.
Il a ensuite salué l’engagement des autorités camerounaises, en particulier le Chef de l’État. « Je vous prie de transmettre à Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la République du Cameroun, la marque de notre gratitude pour avoir autorisé et soutenu ce Congrès en terre camerounaise », a-t-il affirmé.
Une Afrique qui parle d’une seule voix
S’adressant aux participants, le Président de l’AMCOW a rappelé la portée stratégique du congrès. « Cette tribune africaine permet à notre continent de parler d’une voix forte et décomplexée au reste du monde, une voix fondée sur l’expertise technique, la diversité des expériences et la résilience de nos peuples », a-t-il indiqué.
Évoquant les défis structurels, il a souligné que « le changement climatique, la démographie, la pauvreté et l’urbanisation rapide fragilisent l’accès à l’eau et à l’assainissement, et exigent de nous des réponses courageuses et durables ».
L’urgence d’agir pour atteindre l’ODD 6
À quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, le constat est préoccupant. « L’ODD 6 semble aujourd’hui un horizon difficile à atteindre. Pourtant, nos communautés attendent le bien-être que procurent l’eau potable et l’assainissement », a insisté le Président de l’AMCOW.
Il a appelé à une mobilisation de tous les acteurs du secteur. « Décideurs publics, secteur privé, experts, partenaires techniques et financiers, collectivités territoriales : de nos volontés conjuguées naîtra la synergie qui nous permettra de franchir le fossé entre l’ambition et la réalité », a-t-il affirmé.
La Vision africaine de l’Eau 2063 comme boussole
Le Président de l’AMCOW a ensuite mis en avant la Vision africaine de l’Eau 2063 adoptée à Dakar. « Ce cadre stratégique, aligné sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, repose sur la gestion intégrée des ressources, la mobilisation des financements, l’innovation et le numérique pour une gouvernance plus efficace », a-t-il expliqué.
Selon lui, « désormais, l’Afrique parle d’une seule voix sur la question de l’eau. C’est le nouveau cap que nous avons donné à l’AMCOW afin de garantir l’accès universel à l’eau et à l’assainissement ».
Le Sénégal, moteur de l’hydro-diplomatie africaine
Évoquant l’engagement de son pays, il a rappelé que « le Sénégal est résolument engagé dans une gouvernance moderne de l’eau, fondée sur la coopération sous-régionale, notamment à travers l’OMVS et l’OMVG ».
Il a également mis en avant la Conférence des Nations Unies sur l’Eau. « L’eau est un bien public mondial. C’est cette vision que nous portons pour construire un cadre cohérent reliant les engagements politiques à l’action opérationnelle », a-t-il souligné.
AAEA et AMCOW, une alliance stratégique
Face à la réalité dramatique du continent, il a lancé un appel fort. « Deux milliards deux cent millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et plus de trois milliards sont privés d’assainissement. L’action est la plus belle expression de notre solidarité face à ces défis », a-t-il déclaré.
Pour lui, « la coopération entre l’AAEA et l’AMCOW est la clé pour transformer l’expertise technique en décisions politiques efficaces, au service de la stabilité, de la résilience climatique et du développement durable de l’Afrique ».
Il a conclu en souhaitant « un excellent Congrès à toutes et à tous, pour que Yaoundé soit le point de départ d’actions fortes et durables pour l’Afrique ».