Yaoundé, Cameroun . La 23ᵉ édition du Congrès international de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) s’est ouverte sur un message fort du Président de l’institution, Blaise Moussa, qui a appelé les États africains à « changer d’échelle » dans la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement.
Dans un discours très attendu, le président de l’AAEA a rappelé que l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats relève de droits humains fondamentaux.
« L’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement adéquats relève des droits fondamentaux. Ils sont indissociables de la dignité humaine. Leur effectivité exige des décisions courageuses, des politiques publiques cohérentes et une mobilisation collective soutenue », a déclaré Blaise Moussa.
Face à la croissance démographique rapide et à l’urbanisation accélérée du continent, le président de l’AAEA estime que l’Afrique ne peut plus subir les crises hydriques.
« L’Afrique ne peut plus subir son destin hydrique. Elle doit désormais le maîtriser, l’anticiper et le gouverner », a-t-il insisté.
2026, une année charnière pour l’AAEA
Le dirigeant panafricain a annoncé la volonté de faire de l’année 2026 un tournant majeur pour l’institution et pour le secteur.
« Nous souhaitons faire de l’année 2026 un moment fondateur, un véritable point de bascule marquant l’ouverture d’une nouvelle ère pour l’AAEA et pour l’ensemble du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique », a-t-il souligné.
Blaise Moussa a également lancé un appel solennel aux chefs d’État et de gouvernement africains pour un appui politique et financier plus structuré.
« Nous appelons les chefs d’État et de gouvernement africains à une reconnaissance institutionnelle renforcée de l’AAEA, à son intégration effective dans les cadres stratégiques continentaux, ainsi qu’à des financements permanents et résolus pour accompagner ses missions », a-t-il plaidé.
L’eau, un investissement stratégique
Selon le Président de l’AAEA, l’eau ne doit plus être perçue comme une simple dépense sociale, mais comme un investissement stratégique capable de garantir la stabilité, la croissance économique et la paix sociale.
« Il est temps que l’Afrique prenne pleinement en main le destin de son secteur de l’eau et de l’assainissement, pilier essentiel de la réalisation de l’Objectif de développement durable numéro 6, levier stratégique de transformation économique et sociale et base de la santé et de la sécurité de nos populations », a-t-il conclu.
Ce 23ᵉ Congrès de l’AAEA se veut ainsi un cadre de décisions, de partenariats et d’actions concrètes, afin de transformer les engagements politiques en résultats tangibles pour les populations africaines.