Rapport ITIE 2024 : des milliards générés, mais des communautés toujours à l’écart des retombées

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Malgré des chiffres impressionnants annoncés dans le Rapport ITIE 2024, le secteur extractif peine encore à transformer la richesse générée en bénéfices concrets pour les communautés impactées. C’est le constat sans détour dressé par la société civile, qui appelle à une gouvernance plus équitable et centrée sur l’humain.

Selon les données du rapport, plus de 90 % des flux financiers issus des industries extractives ont été versés directement au budget de l’État, tandis qu’une part marginale seulement a été consacrée aux paiements sociaux et environnementaux. Une situation qui suscite de vives interrogations quant à l’efficacité des mécanismes censés améliorer le bien-être des populations vivant dans les zones minières et pétrolières.

« Derrière ces chiffres, il y a des réalités bien plus préoccupantes », alerte Gnagna Diène Diassé, représentante de la société civile au Comité national de l’ITIE et membre de la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez.

Des territoires affectés, des attentes non satisfaites

Dans plusieurs zones d’exploitation, les communautés continuent de faire face à des impacts environnementaux lourds : dégradation des sols, pollution des eaux, perturbation des activités économiques locales. Des territoires contraints d’accepter un environnement « chambardé, agressé et parfois abandonné », sans contreparties visibles à la hauteur des sacrifices consentis.

Pour la société civile, cette situation traduit un écart persistant entre les engagements pris et leur mise en œuvre effective sur le terrain. Les populations, quant à elles, attendent toujours des retombées tangibles, capables d’améliorer durablement leurs conditions de vie.

Application des lois et gouvernance inclusive en question

Face à ce constat, la représentante de la société civile insiste sur la nécessité d’une application stricte des lois et règlements, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre effective des fonds de réhabilitation environnementale et de développement local.

Elle appelle également à une vigilance accrue sur plusieurs points sensibles :

  • les exonérations fiscales excessives ;

  • les contrats déséquilibrés au détriment des intérêts nationaux et locaux ;

  • les externalités négatives sur l’environnement, souvent mal compensées.

La transparence comme levier de justice sociale

Si la publication des données constitue un progrès indéniable, la société civile rappelle que la transparence ne doit pas être une finalité en soi.

« Elle doit être un outil au service d’une économie inclusive, capable de redistribuer équitablement la richesse issue de nos ressources naturelles », souligne Gnagna Diène Diassé.

Un appel à une nouvelle dynamique

En conclusion, la société civile lance un appel fort à l’ensemble des acteurs – État, entreprises extractives, partenaires techniques et financiers – pour bâtir une nouvelle dynamique de gouvernance, plaçant l’intérêt des populations au cœur des décisions.

« Nous devons être les artisans d’un modèle extractif plus juste, où la richesse générée profite réellement à tous », conclut-elle.

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