Journée Mondiale des Sols : Sous le béton, un sol en danger : le Sénégal face aux défis de l’urbanisation

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La survie de notre planète repose sur un lien vital souvent sous-estimé : celui qui nous unit au sol. Plus de 95 % de notre alimentation en dépend directement. Les sols fournissent en effet 15 des 18 éléments chimiques naturels essentiels à la croissance des plantes. Pourtant, ils sont aujourd’hui fragilisés par les changements climatiques et les pressions humaines.

Des sols menacés par l’érosion et l’urbanisation

L’érosion des sols perturbe leur équilibre naturel, limite l’infiltration de l’eau et réduit sa disponibilité pour toutes les formes de vie. Elle affecte également la qualité nutritionnelle des aliments, diminuant leur teneur en vitamines et nutriments.

Face à cette réalité, les pratiques de gestion durable des sols apparaissent comme une solution indispensable. Elles permettent de réduire l’érosion et la pollution, d’améliorer l’infiltration et le stockage de l’eau, de préserver la biodiversité, d’enrichir la fertilité des sols et de favoriser le stockage du carbone, contribuant ainsi à la lutte contre les changements climatiques.

Un angle souvent oublié : l’importance du sol en milieu urbain

Lorsqu’on évoque le sol, on pense instinctivement à la campagne et aux espaces naturels. Pourtant, le sol urbain joue un rôle essentiel dans le fonctionnement et la résilience des villes.

La Journée mondiale des sols 2025 met justement l’accent sur les paysages urbains sous le thème : « Des sols sains pour des villes en bonne santé ». Sous les chaussées, les bâtiments et les trottoirs se trouve un sol qui, lorsqu’il est perméable et végétalisé, peut absorber l’eau de pluie, réguler les températures, stocker du carbone et améliorer la qualité de l’air. À l’inverse, lorsqu’il est entièrement bétonné, il perd ces fonctions vitales, exposant les villes aux risques d’inondations, de surchauffe et de pollution.

Sénégal : un cadre juridique tourné vers la durabilité, mais encore difficile à appliquer

Interrogée à l’occasion de cette journée, Aminata Wone, Directrice générale de la DGUA, souligne la pertinence de cette thématique dans le contexte sénégalais :

« Le Sénégal est particulièrement sensible aux enjeux de résilience climatique et de développement durable. Les principaux textes nationaux , Code de l’urbanisme, Code de la construction et Code de l’environnement , encouragent clairement la construction de villes plus durables en imposant une meilleure planification urbaine, la préservation d’espaces non bâtis et des évaluations environnementales pour limiter la pollution et l’imperméabilisation des sols. »

Cependant, elle rappelle que le défi majeur reste l’application effective de ces lois.
L’urbanisation rapide et le bétonnage excessif rendent les sols urbains de plus en plus vulnérables, particulièrement face aux risques d’inondations.

« Il est essentiel de renforcer la mise en œuvre des outils de planification et de développer des zones perméables ainsi que des solutions fondées sur la nature, afin de protéger les sols et d’améliorer la résilience de nos villes », ajoute-t-elle.

Repenser les villes pour les rendre plus résilientes

Cette Journée mondiale des sols est l’occasion, pour les décideurs publics comme pour les citoyens, de repenser l’aménagement des espaces urbains afin de construire des villes plus vertes, plus résilientes et plus agréables à vivre.

Préserver les sols, c’est protéger la santé des habitants, des écosystèmes et des générations futures.

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