Forum africain des systèmes alimentaires : Diomaye Faye appelle à placer la jeunesse au cœur de la souveraineté alimentaire
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mardi à Dakar la cérémonie d’ouverture de la 19e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires, aux côtés de son homologue rwandais Paul Kagamé et de plusieurs personnalités internationales.
L’urgence de la souveraineté alimentaire
Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé l’ampleur des défis liés à l’alimentation en Afrique. « Plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde en 2023, en particulier en Afrique », a-t-il souligné, citant le dernier rapport de la FAO. Et d’alerter : si la tendance se poursuit, plus d’un demi-milliard de personnes pourraient être sous-alimentées en 2030, dont la moitié en Afrique.
Pour le président Faye, cette situation est paradoxale car « le continent détient 65 % des terres arables mondiales, d’importantes ressources hydriques et une population jeune et abondante ».
La jeunesse comme moteur de transformation
Le thème de cette édition, « Jeunesse, fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires », trouve toute sa pertinence, a insisté le président sénégalais.
« Nous devons assurer une éducation et une formation adaptées à une agriculture moderne, intensive et durable. Les jeunes doivent être responsabilisés et associés à la formulation de nos politiques agricoles », a-t-il plaidé.
Investir dans l’agriculture moderne
Pour transformer durablement l’agriculture africaine, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’investir massivement dans la mécanisation, la maîtrise de l’eau, le développement de semences adaptées au climat et la transformation locale des produits.
Il a également rappelé la Déclaration de Maputo de 2023, qui recommande aux États d’allouer au moins 10 % de leur budget national à l’agriculture.
« C’est ce que nous faisons au Sénégal à travers notre agenda national de transformation », a-t-il précisé, citant notamment les Coopératives Agricoles Communautaires (CACs), la régulation des importations, la réforme de la loi sylvopastorale et les programmes de soutien à la production.
Une agriculture attractive pour les jeunes
Le président a exhorté les dirigeants africains à briser le mythe selon lequel l’agriculture est un secteur de survie réservé aux adultes sans perspectives.
« Rendons les campagnes plus attractives par leur désenclavement, l’accès aux services sociaux de base et des investissements qui mettent en valeur leur potentiel économique », a-t-il déclaré.
Il a aussi appelé à promouvoir le commerce intra-africain via la ZLECAf et à soutenir l’émergence d’un secteur privé fort, capable d’investir dans l’agrobusiness, d’approvisionner les marchés locaux et d’exporter les surplus.
Une mobilisation collective
Concluant son discours, le président Diomaye Faye a lancé un appel à l’unité :
« Unissons nos volontés, mobilisons nos ressources, et faisons de la création de systèmes alimentaires robustes le moteur d’une renaissance africaine fondée sur la souveraineté et le développement partagé. »
Il a enfin salué la présence des acteurs du secteur et les a invités à se joindre à cet effort pour « faire de l’agriculture un choix de carrière désirable pour les jeunes Africains et réaliser l’autosuffisance alimentaire ».
