Diomaye Faye : « L’Afrique doit investir dans une agriculture moderne pour faire face au changement climatique »

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À l’ouverture de la 19e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires, ce mardi à Dakar, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel à une mobilisation collective afin de bâtir une agriculture capable de résister aux chocs climatiques et d’assurer la souveraineté alimentaire du continent.

L’agriculture, toujours dépendante des pluies

Le chef de l’État a rappelé la réalité des millions de paysans africains qui, à la faveur de la saison des pluies, cultivent encore « à la force des bras » ou avec des équipements rudimentaires. Une dépendance qui rend la production agricole extrêmement vulnérable aux aléas météorologiques, aggravés par les effets du changement climatique.

Cette situation se traduit par des rendements faibles, des pertes post-récoltes estimées à 30 %, et une insécurité alimentaire persistante. « Plus d’un demi-milliard de personnes pourraient être sous-alimentées en 2030, dont la moitié vivra en Afrique », a averti le président Faye, citant le rapport 2024 de la FAO.

Miser sur la jeunesse et les technologies durables

Pour inverser la tendance, le président a insisté sur l’importance de placer la jeunesse au centre de la transformation agricole. « Nous devons leur offrir une éducation et une formation adaptées à une agriculture moderne, intensive et durable », a-t-il plaidé.

Cette transformation passe par la mécanisation, le développement de semences adaptées aux conditions climatiques, la maîtrise de l’eau et la digitalisation des chaînes de valeur agricoles.

Des politiques alignées sur la résilience climatique

Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’engagement du Sénégal à investir davantage dans l’agriculture, conformément à la Déclaration de Maputo qui recommande d’allouer au moins 10 % des budgets nationaux au secteur.

Il a cité les Coopératives Agricoles Communautaires (CACs), la réforme de la loi sylvopastorale et les politiques de maîtrise de l’eau et de stockage des récoltes comme leviers pour renforcer la résilience climatique et réduire la dépendance aux importations.

Une souveraineté alimentaire à portée de main

« L’Afrique dispose de 65 % des terres arables mondiales, d’importantes ressources hydriques et d’une jeunesse abondante. Elle a tout pour nourrir sa population et contribuer à nourrir le monde », a affirmé le président Faye.

En appelant à rompre avec le mythe de l’agriculture de survie et à rendre les campagnes plus attractives, il a souligné la nécessité de solutions endogènes pour bâtir une souveraineté alimentaire durable.

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