Décret présidentiel : Julien Sagna nommé directeur général de la SOGEM, dans un contexte de défis énergétiques régionaux

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Par décret présidentiel, le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a nommé Julien Sagna au poste de directeur général de la Société de Gestion de l’Énergie de Manantali (SOGEM), une structure spécialisée de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) chargée de la gestion des infrastructures hydroélectriques régionales.

La nomination de Julien Sagna, proposée par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a été validée par le Premier ministre et le président de la République pour un mandat de quatre ans. Elle s’inscrit dans le cadre du principe de rotation entre les États membres de l’OMVS. Après un mandat assuré par la Mauritanie, le Sénégal prend ainsi la direction de cette société stratégique pour la coopération énergétique sous-régionale.

Avant cette nomination, Julien Sagna occupait la fonction de président du conseil d’administration de la SOGEM. Durant son passage à ce poste, il s’est illustré par des résultats jugés significatifs en matière de gouvernance et de pilotage stratégique.

Son parcours professionnel comprend également des expériences dans la coopération internationale, la gestion de projets et le conseil stratégique auprès des autorités publiques. Il a notamment exercé les fonctions de conseiller technique n°1 auprès du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Une entreprise clé dans le système énergétique régional

La SOGEM joue un rôle central dans la production d’énergie hydroélectrique au sein de l’espace OMVS. L’entreprise assure la gestion de plusieurs infrastructures majeures, dont le Barrage de Manantali, le Barrage de Félou et le Barrage de Gouina.

L’électricité produite par ces installations est ensuite commercialisée auprès des sociétés nationales d’électricité des pays membres, notamment Société Nationale d’Électricité du Sénégal (SENELEC), Énergie du Mali (EDM) et la Société Mauritanienne d’Électricité (SOMELEC).

À la tête de la SOGEM, Julien Sagna devra notamment relever plusieurs défis, parmi lesquels l’augmentation de la production d’énergie, l’amélioration des performances techniques des installations hydroélectriques et le renforcement de l’intégration du système énergétique de l’OMVS au marché régional de l’électricité à travers le West African Power Pool (WAPP).

Des tensions financières au sein du système énergétique

La prise de fonction du nouveau directeur général intervient dans un contexte marqué par des tensions financières au sein du système énergétique de l’OMVS.

Au cœur de cette situation figure une dette de plus de 54 milliards de FCFA accumulée par Énergie du Mali (EDM SA) envers la SOGEM, gestionnaire des infrastructures hydroélectriques régionales. Ces arriérés de paiement suscitent des inquiétudes quant à la pérennité des investissements réalisés par les États membres.

Dans une correspondance adressée à EDM en avril 2025, la direction de la SOGEM a alerté sur la gravité de la situation, estimant que ces retards fragilisent les infrastructures communes et pourraient affecter la stabilité de l’approvisionnement énergétique dans la sous-région.

Une coopération énergétique sous pression

Toute perturbation financière dans ce mécanisme peut avoir des répercussions sur l’ensemble du système énergétique régional, en raison de l’interdépendance des réseaux électriques des pays membres de l’OMVS.

La production hydroélectrique issue des barrages régionaux constitue en effet une source stratégique d’électricité pour plusieurs pays de la sous-région.

Une crise énergétique persistante au Mali

Cette situation s’inscrit également dans un contexte de crise énergétique durable au Mali. Le pays est confronté depuis plusieurs années à des coupures d’électricité récurrentes et à une forte dépendance à la production thermique alimentée par des hydrocarbures importés.

Selon les données disponibles, la production électrique du pays repose majoritairement sur le thermique, suivi de l’hydroélectricité et, dans une moindre mesure, du solaire. Malgré l’existence d’importantes infrastructures hydroélectriques, leur exploitation reste parfois limitée par des contraintes techniques et financières.

La transition énergétique comme piste de sortie

Pour réduire sa dépendance énergétique, le Mali explore progressivement des alternatives, notamment dans le solaire. Plusieurs projets de centrales photovoltaïques sont à l’étude ou en cours de développement afin d’augmenter la capacité nationale de production et de diversifier le mix énergétique.

Parallèlement, des initiatives locales voient le jour dans certaines zones rurales afin d’améliorer l’accès à l’électricité grâce à des mini-centrales solaires.

Les défis qui attendent le nouveau directeur général

Dans ce contexte complexe, plusieurs défis majeurs attendent le nouveau directeur général de la SOGEM :

  • Assurer le recouvrement des créances auprès des sociétés nationales d’électricité afin de garantir la viabilité financière du système énergétique de l’OMVS.

  • Maintenir et moderniser les infrastructures hydroélectriques pour préserver les capacités de production des barrages régionaux.

  • Renforcer la coopération énergétique entre les États membres malgré les tensions financières.

  • Améliorer l’intégration du réseau régional dans le marché ouest-africain de l’électricité à travers le West African Power Pool.

  • Renforcer la communication institutionnelle et la transparence autour de la gestion des infrastructures énergétiques communes.

La gestion de ces enjeux sera déterminante pour consolider le rôle stratégique de la SOGEM dans l’approvisionnement énergétique de la sous-région et préserver la dynamique de coopération au sein de l’OMVS.

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