Réforme du secteur de l’eau au Sénégal :

Dr Cheikh Tidiane Dièye annonce une transformation systémique

0 84

Dakar, mars 2026 – Le Sénégal s’engage dans une réforme profonde de son secteur de l’eau et de l’assainissement. À travers la Lettre de Politique Sectorielle 2025-2029, les autorités affichent une ambition claire : rompre avec les approches classiques et impulser une transformation durable. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait l’annonce lors de la célébration de la journée mondiale de l’eau en partenariat avec le ministère de la famille et des solidarités.

Une rupture assumée avec les anciens modèles

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, justifie cette nouvelle orientation par les limites observées dans les politiques passées.

« Il ne s’agit pas de reproduire les mêmes schémas classiques qui nous ont conduits, dans certains domaines, à une sorte d’impasse depuis 1960, malgré les acquis », affirme-t-il.

Selon lui, la nouvelle politique sectorielle s’inscrit dans une dynamique de rupture et de transformation systémique, en cohérence avec la vision Sénégal 2050.

« Nous avons considéré qu’il fallait évaluer les acquis, les documenter, les consolider, mais aussi abandonner certaines initiatives qui n’étaient pas conformes à notre vision », explique le ministre.

Une réforme de troisième génération pour changer d’échelle

Après les réformes de 1995 et celles engagées entre 2014 et 2019, le Sénégal amorce une réforme de troisième génération, jugée plus ambitieuse.

« Nous sommes dans un moment de basculement. Nous changeons de modèle et de paradigme dans la gouvernance du secteur de l’eau », déclare Dr Dièye.

Parmi les axes structurants, la réduction des disparités entre zones urbaines et rurales occupe une place centrale.

« Il y a aujourd’hui un déséquilibre au détriment du monde rural. Nous ne pouvons pas bâtir le développement du pays uniquement autour de l’urbain », insiste-t-il.

Vers une gouvernance plus inclusive et territorialisée

La réforme prévoit une nouvelle organisation du secteur, avec une implication accrue des collectivités territoriales et du secteur privé.

« Nous allons vers une gouvernance partagée, avec des sociétés intégrant le public, le privé et les collectivités territoriales », précise le ministre.

Une étude est en cours pour définir l’avenir institutionnel du secteur, notamment une éventuelle réorganisation des structures comme la SONES et l’OFOR.

Une autorité de régulation pour moderniser le secteur

Autre innovation majeure : la création d’une autorité de régulation dédiée.

« Avec l’évolution des besoins et la complexité du secteur, il est indispensable de mettre en place une régulation moderne pour protéger les usagers et encadrer les acteurs », soutient Dr Dièye.

Des projets structurants pour répondre à l’urgence

En parallèle de cette réforme, plusieurs projets majeurs sont en cours de déploiement.

Parmi eux, le projet des « autoroutes de l’eau » figure en bonne place.

« Les études sont terminées et le projet sera lancé avant la fin de l’année 2026 », annonce le ministre.

L’approvisionnement en eau de Touba constitue également une priorité.

« Une ville comme Touba, avec plus d’un million d’habitants, ne peut plus être gérée comme un système rural », souligne-t-il.

Concernant les infrastructures, l’usine de dessalement des Mamelles est en phase finale.

« Nous sommes fiers de ce complexe industriel majeur qui permettra de livrer les premiers mètres cubes d’eau dessalée dès 2026 », indique Dr Dièye.

Le défi du financement et de l’attractivité du secteur

Le financement reste un enjeu central pour la réussite de la réforme.

« Le financement du secteur de l’eau est complexe et multidimensionnel. Il faut trouver les meilleurs mécanismes pour garantir l’accès tout en rendant le secteur attractif pour le privé », explique le ministre.

Garantir le droit à l’eau pour tous

Au cœur de cette transformation, une ambition forte : rendre effectif le droit à l’eau et à l’assainissement.

« L’eau est un droit. Nous avons l’obligation de le réaliser de manière effective pour tous les Sénégalais », martèle Dr Dièye.

À travers cette réforme, le gouvernement entend faire du secteur de l’eau un levier majeur de développement, d’équité sociale et de résilience face aux défis climatiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Accueil
Actualite
Tele
Radio