Les travaux de l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles entrent dans leur phase finale. En visite sur le chantier, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, s’est dit satisfait de l’état d’avancement du projet, estimé entre 90 % et 98 % selon les différentes composantes.
La visite s’est déroulée en présence du ministre de la Santé, Ibrahima Sy, et de la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, illustrant la dimension transversale de ce projet structurant pour la région de Dakar.
Une première expérience de dessalement au Sénégal
Pour le ministre de l’Hydraulique, cette infrastructure constitue une première expérience nationale en matière de dessalement de l’eau de mer.
Selon lui, ce projet représente une innovation majeure pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable dans la région de Dakar.
« C’est un projet innovant et courageux. Aujourd’hui, l’essentiel des composantes est presque finalisé avec des infrastructures de grande qualité et des technologies de pointe », a déclaré le ministre.
L’usine produira 50 000 m³ d’eau potable par jour dans une première phase, avec une seconde tranche équivalente prévue à terme. Cette capacité permettra de renforcer durablement l’alimentation en eau potable de la capitale et des zones environnantes.
Le projet bénéficie notamment d’un important appui financier du Japon, pour un financement global estimé à environ 137 milliards de francs CFA, complété par l’État du Sénégal.
Un projet avec une forte dimension sociale
Au-delà de sa vocation hydraulique, le projet intègre également une dimension sociale importante, notamment pour les populations de Ouakam, zone d’implantation de l’infrastructure.
Dans ce cadre, les autorités ont visité un centre de santé entièrement reconstruit dans la commune.
Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a expliqué que cette structure sanitaire s’inscrit dans l’approche internationale de la « santé dans toutes les politiques », promue par l’Organisation mondiale de la santé.
Selon lui, le futur centre de santé de Ouakam permettra d’améliorer l’accès aux soins pour les populations d’une zone longtemps considérée comme enclavée.
« Ce centre offrira des soins de qualité avec un plateau technique renforcé. Nous envisageons d’y déployer des pédiatres, des gynécologues et même des services de chirurgie », a-t-il indiqué.
La structure comprendra notamment un bloc opératoire, un cabinet dentaire et plusieurs services spécialisés. Les équipements médicaux sont déjà commandés et leur installation est prévue dans les prochains mois.
L’ouverture du centre pourrait intervenir à partir du mois de juin, une fois les travaux de finition et l’installation des équipements achevés.
Des mesures d’accompagnement pour les pêcheurs
Le projet prend également en compte les préoccupations des communautés de pêcheurs de Ouakam, fortement présentes dans la zone.
La ministre de la Pêche, Fatou Diouf, a souligné que plusieurs mesures d’accompagnement ont été prévues afin de soutenir les activités halieutiques locales.
Parmi ces initiatives figure la construction d’une fabrique de glace capable de produire environ 10 tonnes par jour, destinée à améliorer la conservation du poisson.
« Cette infrastructure permettra aux pêcheurs de mieux conserver leurs produits et de réduire les pertes post-capture », a expliqué la ministre.
Des tricycles isothermes ont également été acquis pour faciliter le transport et la distribution du poisson dans de meilleures conditions sanitaires.
Par ailleurs, un programme d’installation de récifs artificiels est envisagé afin de favoriser la régénération des ressources halieutiques et la reconstitution des stocks de poissons.
Selon la ministre, ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à soutenir la pêche artisanale et à améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur.
Des garanties sur la protection de l’environnement marin
Concernant les impacts environnementaux, notamment les rejets liés au fonctionnement de l’usine, la ministre de la Pêche a assuré que des études d’impact environnemental ont été réalisées en amont.
Elle a indiqué que les services de son département travailleront en collaboration avec ceux du ministère de l’Hydraulique pour assurer un suivi rigoureux des impacts sur l’écosystème marin.
« Nous resterons vigilants pour évaluer les effets éventuels et prendre les mesures correctives nécessaires », a-t-elle précisé.
Un projet structurant pour l’avenir de l’eau au Sénégal
Pour les autorités sénégalaises, cette usine marque une étape importante dans la diversification des sources d’approvisionnement en eau.
Le ministre de l’Hydraulique a d’ailleurs annoncé que cette première expérience sera suivie par d’autres projets de dessalement à plus grande échelle, notamment sur la Grande Côte, avec une capacité envisagée de 400 000 m³ par jour.
« Jusqu’à présent, nous allions visiter ce type d’infrastructures dans d’autres pays pour nous inspirer. Désormais, d’autres viendront au Sénégal pour découvrir cette réalisation », a-t-il déclaré.
Les autorités espèrent ainsi finaliser le chantier dans les meilleurs délais afin de démarrer la distribution d’eau dessalée dans la capitale.