23ᵉ Congrès de l’AAEA : l’Afrique appelée à faire de l’eau et de l’assainissement un véritable choix de société

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Yaoundé, Cameroun. La cérémonie d’ouverture du 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) a été marquée par un appel fort à l’action collective pour garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement sur le continent africain. Dans son allocution, François Olivier GOSSO, le Directeur exécutif de l’AAEA a rappelé que l’eau ne saurait être réduite à une simple ressource technique.

« L’accès à l’eau et à l’assainissement ne dépend pas uniquement de la ressource disponible, mais surtout de notre capacité collective à anticiper, planifier, investir et agir avec constance et courage », a-t-il déclaré.

Selon lui, « les grandes transformations ne naissent pas de déclarations, mais de la confiance, de la continuité et de l’action ». Pour le Directeur exécutif, ce congrès dépasse les questions de chiffres et de technologies :

« Nous sommes ici pour parler de choix de société, pour décider si nous voulons continuer à gérer l’eau comme une urgence permanente ou enfin comme un patrimoine stratégique à transmettre aux générations futures. »

Une crise encore profonde

Le Directeur exécutif a également rappelé l’ampleur des défis :

« Plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité. Plus de 800 millions sont privés de services d’assainissement de base. Ces chiffres représentent des vies fragilisées, des écoles sans eau, des hôpitaux vulnérables. »

Il a souligné que le déficit de financement du secteur, estimé à plus de 50 milliards de dollars par an, impose un changement de cap :

« Nous devons sortir du temps des diagnostics pour entrer résolument dans celui des décisions courageuses, des investissements soutenus et des transformations structurelles. »

Le rôle stratégique de l’AAEA

Revenant sur l’évolution de l’organisation, le Directeur exécutif a rappelé que l’AAEA, fondée en 1970 sous le nom d’Union africaine des distributeurs d’eau, a su se transformer pour répondre aux défis du continent :

« En intégrant pleinement l’assainissement dans sa dénomination et son mandat, l’AAEA s’est dotée d’une vision globale de la sécurité hydrique et sanitaire de l’Afrique. »

Il a également salué le soutien des partenaires internationaux, notamment l’USAID, l’UNICEF, ONU-Habitat, la Banque islamique de développement, la coopération allemande et la Fondation Gates, qui ont contribué à renforcer les capacités des opérateurs et à aligner l’action de l’AAEA sur l’Agenda 2030 et l’ODD 6.

Un congrès tourné vers l’action

Pour le Directeur exécutif, Yaoundé doit marquer un tournant :

« Ce congrès ne doit pas être un simple espace de diagnostic. Il doit devenir un catalyseur de partenariats, un laboratoire de solutions et un accélérateur de résultats pour nos populations. »

Et de conclure :

« L’eau et l’assainissement pour tous en Afrique ne sont pas un rêve, mais un objectif à notre portée, si nous transformons nos engagements en actes. »

Le 23ᵉ Congrès de l’AAEA s’ouvre ainsi sous le signe de la responsabilité collective et de l’action, avec l’ambition de faire de l’eau et de l’assainissement un pilier central du développement durable du continent.

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