Retrait de 25 000 handicapées bénéficiaires de bourses familiales : la FSAPH dénonce une injustice sociale majeure
Dakar, 10 avril 2026 – La Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH) hausse le ton. En conférence de presse, son président Moussa Thiaré a dénoncé le retrait d’environ 25 000 personnes handicapées du Programme national de Bourses de sécurité familiale (PNBSF), une décision jugée « injuste » et « contraire aux principes d’équité sociale ».
Une décision aux lourdes conséquences sociales
Selon la FSAPH, cette mesure découle de l’application du décret n°2023-847, qui limite la durée de l’allocation à cinq ans. Une disposition que l’organisation estime inadaptée à la réalité des personnes vivant avec un handicap.
Au Sénégal, celles-ci représentent entre 7,3 % et 16 % de la population, soit plus de deux millions de personnes. Sur les 100 021 titulaires de la Carte d’Égalité des Chances (CEC), plus de 64 000 bénéficiaient jusque-là de la Bourse de sécurité familiale.
Une « régression inacceptable »
Pour la FSAPH, l’exclusion de ces bénéficiaires constitue une rupture de l’équité sociale.
« L’intégration des personnes handicapées dans le PNBSF n’est pas une faveur, mais un droit », a déclaré Moussa Thiaré, dénonçant une remise en cause des acquis.
L’organisation rappelle que la CEC avait permis de corriger les insuffisances du ciblage social et de mieux intégrer les personnes handicapées dans les dispositifs de protection.
Un manque d’évaluation pointé du doigt
La FSAPH critique également l’absence d’évaluation de l’impact de la bourse sur les bénéficiaires, pourtant prévue par les textes. Elle parle d’« erreur d’appréciation » et de « faute sociale », appelant les autorités à corriger rapidement cette décision.
Le handicap, une vulnérabilité durable
Au cœur du plaidoyer, un principe : le handicap ne disparaît pas avec le temps.
Appliquer une durée limite à une aide sociale destinée à cette catégorie revient, selon la FSAPH, à ignorer une vulnérabilité structurelle.
« Le handicap s’inscrit dans un cycle pauvreté–exclusion qu’il faut briser durablement », souligne l’organisation.
Des solutions proposées
Face à cette situation, la FSAPH propose :
- la réintégration immédiate des personnes exclues du programme ;
- la révision du décret pour introduire une exception liée au handicap ;
- une gouvernance plus inclusive, intégrant les organisations de personnes handicapées dans les instances de décision.
Un appel à la responsabilité
Se voulant apolitique, la FSAPH insiste sur la dimension citoyenne de son combat.
« Nous ne contestons pas un régime, nous défendons des droits », a insisté son président.
L’organisation appelle les autorités à reconsidérer cette mesure et invite les médias à porter la voix des personnes concernées.
Vers une société inclusive
Au-delà du débat sur le PNBSF, la FSAPH rappelle que la construction d’une société inclusive reste un impératif.
« Une société inclusive n’est plus une option, c’est une obligation », conclut l’organisation, plaidant pour une meilleure prise en compte des personnes handicapées dans les politiques publiques.