Vulgarisation du Code de l’environnement : Abdourahmane Diouf appelle à une appropriation nationale, avec l’appui des partenaires
À Dakar, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a présidé la cérémonie d’ouverture d’un atelier consacré à la vulgarisation de la loi n°2023-15 du 2 août 2023 portant Code de l’environnement du Sénégal et de ses textes d’application. Une rencontre qui marque une étape clé dans l’opérationnalisation de ce dispositif juridique.
Dans son allocution, le ministre a salué la mobilisation des parties prenantes, rappelant que la protection de l’environnement demeure une priorité sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Il a insisté sur la nécessité d’adapter le cadre juridique face aux défis croissants liés à la pollution, aux déchets, aux produits chimiques et aux impacts des activités économiques.
Le nouveau Code introduit ainsi des avancées majeures, notamment le renforcement des mécanismes de prévention, l’encadrement des activités extractives et la création d’un fonds dédié à la protection de l’environnement. Toutefois, pour Abdourahmane Diouf, l’enjeu central reste son appropriation : « Un texte aussi important doit être compris et appliqué par tous pour produire ses effets ».
Le ministre a également mis en avant le caractère transversal du Code, qui concerne l’ensemble des secteurs de développement, appelant à une meilleure coordination entre les administrations, les collectivités territoriales et les autres acteurs.
Des textes d’application pour passer à l’action
Intervenant à son tour, Ndeye Koura Mbaye Diop, coordonnatrice du projet de gestion des ressources naturelles (SENREM), a souligné que la principale avancée réside dans l’élaboration des textes d’application.
Selon elle, « disposer d’un Code ne suffit pas ; sans textes d’application, sa mise en œuvre reste limitée ». Elle a précisé que le projet a appuyé l’élaboration de ces textes, leur validation ainsi que la production de 1 500 exemplaires du Code destinés à être diffusés à l’échelle nationale.
Au-delà de cet appui, elle a insisté sur l’importance de doter les acteurs d’outils pratiques pour traduire les dispositions juridiques en actions concrètes sur le terrain, notamment à travers des activités de vulgarisation pilotées par les services techniques du ministère.
La Banque mondiale réaffirme son engagement
Pour sa part, Arame Tall, coordonnatrice du portefeuille environnement et climat à la Banque mondiale au Sénégal, s’est félicitée de la tenue de cet atelier qui, selon elle, permet de « rendre accessible au grand public le contenu du Code ».
Elle a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet financé par la Banque mondiale, avec un appui global d’environ 120 millions de francs CFA, dont une partie dédiée à l’élaboration des textes d’application et une autre à leur vulgarisation.
Selon elle, le Code de l’environnement ne concerne pas uniquement le ministère en charge de l’Environnement, mais l’ensemble des secteurs et des institutions, d’où la nécessité d’une appropriation collective pour garantir son efficacité.
Un appel à l’engagement collectif
En conclusion, Abdourahmane Diouf a lancé un appel à l’engagement de tous les acteurs — État, collectivités territoriales, secteur privé, société civile et citoyens — pour assurer une mise en œuvre effective du Code.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et la pression sur les ressources naturelles, il a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée : « Le Code de l’environnement est un outil stratégique. Il nous appartient désormais de le faire vivre à travers une application rigoureuse et efficace ».
L’atelier marque ainsi le point de départ d’une phase décisive : celle de la vulgarisation et de l’appropriation d’un texte clé pour la gouvernance environnementale au Sénégal.


